
Ce que le Souvenir Français peut faire pour la communauté éducative
Voyages Mémoriels
Le Souvenir Français n’organise pas de voyages mémoriels mais peut subventionner un projet pédagogique porté par un établissement scolaire. Les projets pédagogiques doivent être proposés en amont avec sensibilisation des élèves et parents et présentation des sites mémoriels. En aval, des travaux de restitution du voyage doivent être réalisés par les élèves. Le Souvenir Français doit impérativement être associé à ces deux phases.
L’octroi d’une subvention est conditionné par l’engagement de l’établissement bénéficiaire à adhérer au Souvenir Français (50 €).
Le projet pédagogique et la destination du voyage doivent avoir un lien direct avec la mémoire combattante et le patrimoine funéraire qui l’incarne. Dans le cas de voyages au-delà de 200 km, la partie mémorielle doit concerner plus de la moitié du programme de visites.
Dans notre région, Klaipėda (prisonniers des trois guerres franco-allemandes, administration française de 1920-1923) ou surtout Kaunas (Napoléon en 1812, Convoi 73) pourraient être des destinations intéressantes.
Seconde Vie des Drapeaux
La France compte de nombreux drapeaux associatifs aux cérémonies patriotiques mais certaines associations connaissent une importante baisse d’activité. Au moment où elles se dissolvent, elles confient au Souvenir Français leur mémoire et leurs drapeaux.
Afin de donner une seconde vie à ces drapeaux, le Souvenir Français organise leur dépôt dans les établissements scolaires. Ce dépôt dans des écoles, collège, lycée participe au parcours citoyen. De l'école au lycée, le parcours citoyen vise à la construction, par l'élève, d'un jugement moral et civique, à l'acquisition d'un esprit critique et d'une culture de l'engagement.
Les drapeaux d’associations dissoutes sont déposés dans des établissements scolaires en signant une convention entre le chef d’établissement et le délégué général du Souvenir Français. Le drapeau est mis en valeur dans l’établissement. Des élèves s’engagent à porter le drapeau pour (en principe) les cérémonies du 11 novembre et du 8 mai pour entretenir le souvenir de l’association dont le drapeau porte la mémoire. Un diplôme de porte-drapeau leur est remis lors de la cérémonie.
Un dossier peut être demandé au Délégué Général : gilles.dutertre@gmail.com
Entretien de la mémoire
En illustration de l’appel à venir participer, au printemps, à la remise en état de la tombe du Marsouin René Maillet à Galvāni, le bulletin du mois dernier présentait une photo de son état actuel. Une précision s’impose.
La tombe était auparavant en plus mauvais état que sur la photo. Mais, suite à l’incitation de Monsieur l’ambassadeur (ret.) Rolands Lappuķe, une association locale lettone a dégagé la tombe. Il reste le plus délicat à faire : rénover les inscriptions. C’est pour cette raison que nous ferons appel au printemps à ceux qui auraient un savoir-faire dans ce domaine. N’hésitez pas à en parler autour de vous et à nous contacter. La moindre des choses serait que des Français se sentent concernés pour faire perdurer le souvenir de l’un de leur compatriote mort loin de chez lui.
A noter que, suite au contact avec la commune d’origine du Marsouin Maillet (Criteuil la Magdeleine, en Charente), il s’avère que le corps n’a très vraisemblablement pas été rapatrié.
Nous envisageons une cérémonie devant la tombe le 2 août 2026, exactement 110 ans après le décès de René Maillet. (En coordination avec la cérémonie au Sous-lieutenant Pulpe)
D’ici-là, nous chercherons à savoir pourquoi, fait prisonnier le 21 décembre 1914 ā Mametz (Somme), René Maillet était encore prisonnier en Allemagne, au moins à la date du 8 mars 1916, au Gefangenlager de Hameln (au sud de Hanovre), mais est venu mourir dans le sud de la Lettonie cinq mois plus tard, le 2 août 1916. Une liste en date du 9 septembre 1916 indique qu’il est décédé au Feld Lazaret 6.XV de la 109e Division d’Infanterie, la raison de la mort étant « sepsis, infolge wangenfurunkels, herzschlag » traduit par Google par « septicémie, due à des furoncles dans les joues, des battements de cœur ». A-t-il eu le même sort que des soldats britanniques qui cherchaient un peu trop à s’évader et qui furent envoyés en 1916 dans les tranchées allemandes de Lettonie pour les aménager ?
Tombe du Marsouin René MAILLET • LV
Autre prisonnier de guerre français inhumé à Bauska • LV
N’ayant ni son nom ni son emplacement dans le cimetière civil de Bauska (Bauskas vecie kapi / Biržu iela 7), nous allons d’abord essayer d’en savoir plus avant de nous rendre in situ.
Autre tombe à Augšdaugava / medumi • LV
Je rappelle souvent dans ces colonnes que l’aide aux missions du Souvenir Français peut prendre toutes les formes et que chacun à son niveau peut nous aider.
Cette fois, c’est le secrétaire de la Délégation, Viktors Rozenbergs, qui a découvert un article d’importance dans un média letton russophone en ligne www.gorod.lv. Dans son édition du 2 octobre 2025, celui-ci parle d’un couple français qui est venu en pèlerinage sur la tombe d’un oncle qui avait servi dans l’armée allemande pendant la Première Guerre mondiale. Celui-ci était tombé à Medumi, un pagast de la Municipalité d’Augšdaugava, le 28 juin 1916.
(Augšdaugava vous connaissez : c’est la Municipalité qui entoure la ville de Daugavpils et sur le territoire de laquelle il y a aussi le pagast de Laucese où nous avons inauguré une stèle le 26 août dernier.)
Ce couple a visité le cimetière d’Abeliškės où la plaque ci-dessous rappelle la mémoire du défunt. Il est donc désormais dans la mission de la Délégation de veiller sur cette plaque et d’essayer d’en savoir plus sur ce G. Manier, mort sous l’uniforme allemand en Latgale. La difficulté étant, s’il s’agit effectivement d’un Alsacien-Mosellan, qu’il était légalement allemand suite au Traité de Francfort du 10 mai 1871.
On soulignera au passage qu’il y a à Medumi un Musée de la Première Guerre mondiale apparemment de haute tenue : https://www.visitdaugavpils.lv/en/turisma-objekts/pirma-pasaules-kara-muzejs/ et https://latgale.travel/listing/first-world-war-museum-in-medumi/
Cimetière allemand de Šiauliai
Le 7 décembre les Délégués Généraux de Lituanie et de Lettonie se sont retrouvés, avec Mme Isabelle Chandavoine, au cimetière allemand des prisonniers de guerre de Šiauliai (II pasaulinio karo belaisvių kapinės), Vaidoto gatvė 38.
Il y a là trois soldats français, qui étaient a priori prisonniers dans un camp du NKVD. Il s'agit de :
Pierre Gabriel BOULAY, Caporal-chef du 44e Régiment d'Artillerie, Mort pour la France le 26 juin 1945 de maladie. C'est le grand-oncle d'Isabelle Chandavoine, résidente française à Vilnius;
Jean Charles BEGAULT, Caporal du 431e Régiment d'Artillerie Lourde, Mort pour la France le 07 août 1945;
André MOTER. Il pourrait s‘agir d‘André METTER, Gefreiter (Caporal), mort à Tauragė le 13 mai 1945, „Malgré-Nous“ déclaré „Mort pour la France“. Il n‘est pas répertorié par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge.
Nous avons déposé des bougies à leur mémoire.
Le cimetière est géré par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge eV. 80 % des soldats qui sont enterrés là sont en effet allemands et seul leur nom apparait sur les plaques au pied de la croix. Il y a quelques années, l’Attaché Défense allemand avait promis que les noms des étrangers feraient l’objet d’une nouvelle plaque.
Le délégué de Lituanie va rappeler la promesse au représentant du VDK. Il ne serait par ailleurs pas inutile de réparer la croix dont la branche transversale est tombée.
Pour mémoire, une demande faite à la Mairie d’ingwiller le 6 novembre pour savoir si André Metter avait encore de la famille dans la commune est restée sans réponse.
Cérémonie à la mémoire de la famille Choiseul-Gouffier à Platėliai
Marie-Gabriel-Florent-Auguste, comte de Choiseul-Gouffier, émigre en Russie en 1792. Il est nommé directeur de l'Académie des Arts et des Bibliothèques impériales de Russie : en 1797, il reçoit du tsar Paul 1er la mission de créer à Saint-Pétersbourg la première bibliothèque publique russe. L'impératrice Catherine II, puis le tsar Paul 1er, lui vouent une grande amitié et lui donnent des terres et notamment, en 1800, le domaine de Plateliai dans le nord de la Lituanie.
Le comte rentre en France en 1802 mais son fils, Antoine Louis Octave, fait souche à Plateliai et la famille restera propriétaire du domaine jusqu’en 1940. Le manoir brûlera, parait-il accidentellement, en 1943 et il n’en reste plus que les fondations. Mais au chevet de l’église se trouve la tombe de Gabriel de Choiseul Gouffier (1873 – 1935) et de sa sœur ainée Marie Sophie Léontine.
L’an dernier, nous avions fait le 9 mai 2025 une cérémonie civilo-religieuse conjointe des Délégations de Lituanie et de Lettonie, en présence des autorités de la Municipalité de Plungė. Cette année, nous réitèrerons cette cérémonie, vraisemblablement le 14 mai 2026 après-midi, date anniversaire de la mort du Comte Gabriel de Choiseul-Gouffier, le 14 mai 1935. Nous espérions la présence de son petit-fils, Bruno d’Arnaud de Vitrolles, 96 ans, Officier de la Légion d’Honneur pour son héroïsme en Indochine, double descendant d’Antoine Louis Octave, mais qui a dû se désister pour des raisons de santé.
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