LES MARINS FRANÇAIS DE L’ILE DE NAISSAAR (ESTONIE)
ait historique peu connu en Estonie dont il est question dans le dossier de ce mois : une escadre française est venue, conjointement avec les Britanniques, monter une action de diversion en Baltique face aux Russes pendant la guerre de Crimée (1854-1856). Lors de cette campagne, 10 à 15 marins français sont morts de maladie sur l’ile estonienne de Naissaar.
EEHISTOIRE
Gilles Dutertre
2/26/20264 min lire
LES MARINS FRANÇAIS DE L’ILE DE NAISSAAR (ESTONIE)
Durant la guerre de Crimée [La guerre de Crimée oppose de 1853 à 1856 l’Empire russe à une coalition formée de l'Empire ottoman, de l'Empire français, du Royaume-Uni et du Royaume de Sardaigne.], les Franco-britanniques montèrent une action de diversion du théâtre principal qui se trouvait en Mer Noire. Elle visait à s'attaquer aux défenses de Saint-Pétersbourg, alors capitale de l’Empire russe.
Au cours des mois de mars et d'avril 1854, l'escadre française de la Baltique fut formée à Brest sous le commandement du vice-amiral Parseval-Deschênes. Elle embarqua l'infanterie et l'artillerie de marine. Cette escadre mit 50 jours pour atteindre l'embouchure du Golfe de Finlande. Elle rejoint le 13 juin l'escadre britannique de l'amiral Napier au mouillage de Barösund dans le golfe de Finlande. À la fin juin, une partie des navires britanniques et français firent une reconnaissance vers Kronstadt sans parvenir à engager le combat avec la flotte russe. Ils décidèrent alors de se diriger vers les îles Åland [Entre la Finlande, alors russe, et la Suède.]. Ce sera à partir du 8 août la bataille de Bomarsund, la forteresse se rendant le 16 août 1854, enlevée par un corps expéditionnaire d'une dizaine de milliers d'hommes sous le commandement en chef du général Baraguey-d'Hilliers.
Pendant cette guerre, l’ile de Naissaar fut occupée par les marines britannique et française pendant la saison de navigation de 1854 et 1855 [Le Golfe de Finlande est généralement gelé de fin novembre à fin avril]. Des navires de guerre français et anglais bloquaient l'entrée de la baie de Tallinn à l'est de Naissaar, à un mille nautique au nord du cap Hülkari (Hülgekari), où la profondeur de la baie dépasse 30 mètres. Les marins disposaient probablement de casernes temporaires et d'un hôpital à Naissaar. Des marins français moururent de maladie, a priori du scorbut, mais peut-être aussi du choléra. Le scorbut, dû à une carence en vitamines, était courant sur les navires effectuant des traversées océaniques au long cours. Cela impliquait que les marins devaient se nourrir de biscuits et de viande salée.
Leur appartenance religieuse (catholique) empêcha les marins français décédés d'être enterrés dans le cimetière luthérien du village de Naissaar. Un cimetière séparé leur fut donc attribué sur la côte sud-est de l'île.
Pendant la saison de navigation de 1856, les forces franco-britanniques ne vinrent plus à Naissaar, car la guerre de Crimée prit fin avec le Traité de Paris du 30 mars 1856. Le cimetière catholique tomba dans l'oubli et se dégrada progressivement.
Pendant l'occupation soviétique (1944-1991), les vestiges du cimetière furent entièrement rasés lors de la construction de l'aérodrome de Naissaar. Le cimetière n'a plus pu être identifié avec précision, mais un mémorial fut érigé à son emplacement approximatif en 1993 et inauguré solennellement le 14 juillet de la même année, jour de la fête nationale française. Les ambassades de France et de Grande-Bretagne ont encore rendu hommage aux marins français en septembre 2025.




Le nombre de personnes inhumées dans le cimetière est inconnu, mais, comme dans le cimetière britannique analogue, on estime que 10 à 15 marins français, certains disent même 20, y reposent.
Les bâtiments militaires de l'île, que l'on peut encore voir aujourd'hui, furent construits par l'Empire tsariste à la veille de la Première Guerre mondiale. En juillet 1914, le tsar Nicolas II se rendit personnellement sur l'île pour poser la première pierre d'un grand port militaire. À son apogée, près de 450 personnes vivaient sur l’île ; mais, en raison des besoins militaires, les habitants de l'île ont été évacués de force à quatre reprises.
Aujourd’hui, l'île est depuis 1995 un espace naturel protégé et on y compte …… de trois à cinq habitants permanents. L’ile est à 8,5 km au large de Tallinn, alors appelée Reval. Sa superficie est de 18,6 km2 (8,1 km x 3,7 km dans ses plus grandes dimensions).


La liaison maritime régulière vers Naissaar est assurée de mai à octobre. Elle est opérée par la compagnie Monica, à bord de son navire du même nom, qui part de Tallinn, face au port du club nautique de Pirita. La traversée dure une heure. Départ de Tallinn à 10H00, retour de Naissaar 18H00 (à confirmer).
Pour en savoir plus : https://monica.ee/en/
Vous pouvez également vous rendre à Naissaar en bateau, à bord du Nargö ou du Kalk. Les bateaux partent du quai A2 du port d'hydravions du Musée maritime estonien, situé au 6, rue Vesilennuki. La traversée avec le Nargö dure 30 minutes et le bateau peut accueillir 48 passagers. La traversée avec le Kalk dure 1 heure et 15 minutes et le bateau peut accueillir 32 passagers.
Plus d'informations : https://nicesaar.eu/
L'île de Naissaar offre, de mai à octobre, jusqu'à 260 places d'hébergement réparties dans trois villages de vacances. On y trouve des chambres doubles et quadruples, ainsi que des chambres pour groupes de 6 à 12 personnes.
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